Sortir de la crise, un défi humain

Actualités, Billets d'humeur

15 décembre 2020

par Amandine Benali

Un monde polarisé

Beaucoup d’encre a coulé depuis le début de cette crise provoquée par le SARS-CoV-2. Et de fait, elle a un tel impact sur notre économie, nos relations, nos habitudes de vie, notre perception du monde parfois, notre moral… qu’il est essentiel d’en analyser les conséquences pour mieux rebondir.

A y regarder de plus près, la crise que nous vivons a accentué des tendances de fond, elle en a peu créé. Et ces tendances sont assez polarisées : accélération de l’évolution de la consommation vers plus de digital et plus de local à la fois, intensification des solidarités lors de la première vague puis de la méfiance et du repli sur soi lors de la seconde vague, moins de mouvements extérieurs (déplacements réduits) et plus de mise en mouvement intérieure (sport chez soi, DIY, etc.).

Confiance et engagement, clés de la résilience

Les entreprises, qui pour beaucoup d’entre elles ont pris la crise de plein fouet, sont également traversées par cette polarité. Elles n’ont jamais autant eu besoin de l’engagement de leurs collaborateurs pour résister puis rebondir, et pourtant elles se distancient d’eux physiquement par l’instauration croissante du télétravail. Le télétravail est à la fois une nécessité sanitaire, une opportunité économique lorsqu’il permet de réduire les surfaces immobilières, et une aspiration d’une partie des salariés, pour plus de souplesse et d’adaptation à leurs rythmes de vie. Pour autant, cette distance physique distend les liens, essentiels à la motivation et donc à l’engagement des collaborateurs.

Or, vous l’avez assurément constaté en tant que Dirigeant.e ou Manager : la force et la résilience d’une entreprise viennent de celles et ceux qui la composent, en particulier de leur implication et de leur engagement. Cette crise a créé un tel choc psychologique que revoir la stratégie et le business model de l’entreprise ne suffira pas pour rebondir rapidement et durablement. Il y a un réel besoin de remobiliser, ré-unir, recréer de la confiance, de l’envie, de l’engagement. Et pour y arriver, les leviers de la rémunération et des perspectives d’évolution ne suffisent plus.

Sens et reconnaissance comme vaccins

Un levier puissant à actionner est le sens. Au sens sociétal et RSE, mais pas seulement. La compréhension de quel est son rôle dans l’entreprise et le sentiment de ne pas être interchangeable créent beaucoup de motivation et de confiance. De confiance en soi, de confiance en l’entreprise et en son Dirigeant, et de confiance en son Manager. La capacité des Dirigeants et Managers à incarner le projet commun et à donner du sens collectif et individuel est salutaire dans le contexte actuel.

Un second levier est la reconnaissance. La première attente des salariés envers leur entreprise suite au premier confinement est la prise en compte de leur bien-être*. Pas seulement dans sa dimension matérielle (conditions de travail, souplesse horaire, compensation de la baisse de rémunération due au chômage partiel, etc.), mais aussi et surtout dans sa dimension psychologique et relationnelle. Ils attendent de leur Manager qu’il/elle crée un climat de confiance, soit à leur écoute et les soutienne.

Autrement dit, les meilleurs Managers pour dépasser la crise sont ceux qui, non seulement sont capables de leadership et d’agilité, mais aussi et surtout ceux dont les qualités personnelles (soft skills) permettront de générer du sens, de la confiance et de l’engagement. Sincérité, écoute, transparence, humilité et positivité commençaient à poindre dans les nouveaux modes de management, la crise actuelle les a rendues centrales.

L’enjeu du Dirigeant : créer l’adéquation

Ainsi, aujourd’hui encore plus qu’hier, avoir les bonnes personnes au bon endroit, créer l’adéquation entre les Hommes et les enjeux, est essentiel aux Dirigeant.e.s pour faire réussir l’entreprise.

Identifier et valoriser les potentiels et les personnalités en interne ou qui rejoindront leurs équipes sera tout aussi capital pour sortir avec succès de la crise que d’accélérer leur digitalisation et d’adapter leur business model aux nouveaux comportements des consommateurs.

 

* Selon une étude de la Fondation Jean Jaurès datée de juillet 2020 https://jean-jaures.org/nos-productions/l-apres-covid-quelles-attentes-a-l-egard-de-l-entreprise

 

 

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