Journal confiné – Jour 21 : Et si votre Codir était télévisé ? Ferait-il de l’audience ?

Billets d'humeur

6 avril 2020

Par Stephane Chekroun – Associé chez Selescope
Lundi 6 avril 2020

Controverses sur la prescription de la Chloroquine… Télés et réseaux sociaux s’enfièvrent. Les débatteurs débattent. Certitudes contre certitudes. Un débat viral. Il s’attaque au cerveau, directement. Jusqu’à nous paralyser devant un écran, parfois comme frappé de stupeur – stupides. Peu y échappent. Surtout pas moi. Rappelez-vous, je suis hypocondriaque. Les questions sont urgentes… Et les réponses contradictoires ! Moi, je suis perdu… Ce débat n’est pas le mien.
Pourtant il m’intéresse.

Trop de réponses contradictoires et péremptoires… Sitôt ouvert le parapluie des précautions oratoires d’usage, « je ne suis pas virologue », s’abat une grêle de certitudes. Comment font-ils ? D’où les tiennent-ils ? Pour ma part, je suis plutôt familier du doute : au point de ne jamais être d’accord avec personne, encore moins avec moi-même. Le débat interne est parfois cacophonique.

Heureusement, en ce qui concerne le Covid-19, je n’ai pas de décisions à prendre – remarquez, la multitude des commentateurs non plus, eux qui savent clairement ce qu’il faut faire, comment il faut agir.

Une tribune télé n’est pas un Codir. Dans un Codir, ce sont des décisions qui sont débattues. Puis arrêtées. Un Codir, ce n’est pas un spectacle. Pas essentiellement. On n’est pas là pour faire de l’audience !

Avec mon client non plus. Pas quand il s’agit de prendre une décision de recrutement qui engage l’avenir : celui de son entreprise, et celui des candidats. Moi, je suis prescripteur. Une responsabilité. Heureusement, j’ai alors moins de doutes que devant la télé. Mon point de vue est construit, documenté. Il est le fruit d’un travail méthodique, d’une analyse approfondie : du poste à pourvoir, de l’entreprise cliente, de la personnalité de chaque candidat, de ses potentiels…

Pour le reste, je ne suis pas un homme de certitudes. Plutôt un homme de convictions, fidèle à des principes et valeurs intangibles. Les certitudes peuvent être ruinées par les faits, pas les valeurs. En ce sens, les opinions et les certitudes peuvent être discutées, les idées aussi, mais pas les valeurs, pas des convictions par nature non négociables.

Pas de Codir efficace où ne s’exprime la multiplicité des points de vue, mais aussi, pas de Codir efficace qui ne soit soudé par des convictions partagées, des valeurs communes. Dans un Codir sain, la discussion, même vive, est encore une façon de coopérer. Loin des caméras tapageuses…

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