Journal confiné – Jour 11 : Confessions d’un hypocondriaque

Billets d'humeur

27 mars 2020

Par Stephane Chekroun – Associé chez Selescope
Vendredi 27 mars 2020

Je ne vous l’ai pas dit, le temps de vous le confesser est venu, je suis hypocondriaque.

Alors, évidemment, vous imaginez… Depuis dix jours, je vis avec un thermomètre pointé sur la tempe, et avec un virus de Damoclès (en forme de couronne) au-dessus de la tête.

J’en devine qui se marrent. Il est hypocondriaque ! Ah bon ! On comprend mieux pourquoi il se consacre à recruter pour les industries de la santé.

Évidemment, se moquent les rieurs, pour ce malade imaginaire, rien ne compte plus que de détecter des talents capables d’accompagner les industries de la santé vers plus de performance et d’innovations. Il sait qu’il sera malade, mais il ne sait pas de quoi. Pas encore. L’ennemi potentiel est multiple et protéiforme. Alors il lève une armée. Il recrute. Il recrute… Ambitionnerait-il de mourir en bonne santé ?

Donnons aux rieurs d’autres raisons de rire…

Mes nuits sont tourmentées. Souvent cauchemardesques. Avec parfois un rêve triomphant : j’ai contribué au recrutement DU chercheur qui vient d’inventer LE vaccin… Le monde salue l’exploit : celui du chercheur, pas le mien.

Bon, la vie n’est pas un rêve, ou rarement triomphant, bien rarement.

Mais j’aime mes clients du secteur de la santé (laboratoires, biotech, medtech, spécialistes des tests de diagnostics…). Certains sont devenus des proches, ou des amis. Ils savent pouvoir compter sur moi. Savent-ils combien mon hypocondrie compte sur eux ?
Plus moi seulement. Aujourd’hui, c’est la population mondiale qui compte sur eux, suspendue à la parole pesée des chercheurs courtisés par des médias logorrhéiques.

C’est entendu, je suis hypocondriaque. Parano donc. Mais pour autant, pas protégé d’une forme rampante de mégalomanie. Je serais des rangs des héros ? Bon, pas tout à fait. Pas du tout. Bien sûr que non.

Mais quand même… Tous ces recrutements réalisés depuis 20 ans, souvent de haute qualité, tous ces recrutements, ils ont peut-être renforcé la capacité des entreprises de santé à répondre aux catastrophes sanitaires présentes et à venir… Je continuerai à m’y employer, de toutes mes forces…

Parce que je suis hypocondriaque.

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